La danse de Svetlana Zakharova
Quels sont vos souvenirs des premières années de cours de danse et qu'est-ce qui vous attirait le plus dans cet art ?
Je me souviens que les premières années de danse étaient très douloureuses car mon corps d'enfant devait subir des modifications à cause des exercices imposés par la technique classique. C'était très fatiguant. Mais j'étais toujours charmée par la vision d'un ballet, et malgré toutes les difficultés j'attendais mes cours avec passion.
Quel était la nature de votre rapport professionnel avec Olga Moiseeva ?
D'abord, elle a affiné mon goût mais surtout, elle m'a enseigné à trouver un équilibre pour ce qui concerne mon rapport personnel avec la danse. Nous avons travaillé aussi sur le style : ce type de travail était important, une fois terminés les cours à l'école de danse. Elle a été mon premier professeur après les années d'études, avec elle j'ai commencé ma carrière et elle m'a donné des conseils importants. Elle s'est révélé un excellent guide même s'il appartient au danseur de développer et de créer son style personnel.
Comment s'est passé votre passage au théâtre Bolchoï et quelles différences y avez-vous trouvé par rapport au Kirov ?
J'ai reçu une bonne proposition de contrat et j'ai décidé de commencer à travailler au Bolchoï. Ce fut un choix très difficile, mais pour un danseur il est captivant changer de compagnie et de théâtre. C'est une expérience enrichissante pour sa carrière. Aujourd'hui je ne regrette pas ce changement.
Les styles des deux compagnies étaient-ils très différents ?
Certainement, chaque compagnie a son propre style mais probablement moi aussi j'ai le mien, qui évolue au fil des jours. Le style d'une compagnie ne m'a jamais influencé beaucoup.
Comment la danse a-t-elle évolué en Russie par rapport à l'époque où vous avez commencé à danser ?
Aujourd'hui tout l'art en général est l'objet d'une grande attention en Russie et la danse y occupe une place importante. Beaucoup de nouveaux danseurs de bonne qualité ont émergés. Les spectateurs sont toujours heureux de voir un spectacle de danse ; quand je pars en tournée, le public est toujours très chaleureux.
Y a-t-il des partenaires que vous préférez ?
Il y en a quelques-uns que je préfère, mais je ne trouve pas juste de citer des noms.
Pourtant, j'aimerais vous parler de Roberto Bolle avec qui vous dansez souvent. Qu'appréciez-vous le plus chez lui ?
Il est généreux, chaleureux et ouvert. J'aime beaucoup danser avec lui. C'est un grand professionnel et un partenaire exceptionnel qui te donne beaucoup de sécurité sur la scène.
Y a-t-il des ballets que vous n'avez pas dansés et que vous aimeriez danser ?
Je n'aime pas trop cette question. C'est difficile de dire ce qu'on aime danser. J'essaie d'aimer tout ce que je danse même si au début je rencontre des difficultés. Mais même en ce cas, je travaille sur la signification du ballet, en cherchant à attribuer un sens à chaque mouvement. En tous cas, je n'arriverais pas à bien danser quelque chose que je n'aime pas.
Si un chorégraphe contemporain, Kylian ou Forsythe par exemple, vous demande de danser un de ses ballets, seriez-vous contente ?
Oui, maintenant j'ai envie de trouver aussi des chorégraphes contemporains intéressants. J'ai rencontré récemment une chorégraphe japonaise qui me charme. Même si son style est inhabituel pour moi, j'ai aimé danser son ballet.
Quand vous êtes en tournée, qu'est-ce qui vous manque le plus ?
Ma famille, ma mère, mes frères, mon chien. Quand ils sont loin, je ressens une grande nostalgie.
Quel est votre avis sur l'avenir de la danse classique et comment le public pourra-t-il être encore fasciné par cet art ?
Je pense que l'avenir dépendra des danseurs, de leurs capacités d'interprétation pour l'enrichir de plus en plus. On ne peut pas se concentrer uniquement sur les aspects techniques.
Je travaille beaucoup sur l'expression, il faut toujours lier ces deux aspects pour que le ballet puisse avoir du succès.
Le public pourra continuer à aimer la danse si la technique est accompagnée et enrichie par une force expressive. Je crois que la danse doit évoluer encore dans cette direction.

